Le gouvernement béninois entend donner une nouvelle dimension à sa politique d’industrialisation. Après les avancées enregistrées dans certaines filières de transformation locale, l’Exécutif mise désormais sur un dispositif financier dédié pour consolider les acquis et élargir les capacités de production nationale.
Dans son compte rendu, le Conseil des ministres relève que la dynamique industrielle a permis de faire émerger des filières autrefois inexistantes. Il cite notamment « la chaîne textile-habillement, qui transforme désormais localement le coton produit sur le plan national », ainsi que « la production de carreaux de céramique ». Des avancées qui illustrent, selon le gouvernement, la capacité de l’économie béninoise à transformer ses matières premières jusqu’au produit fini.
Un financement adapté aux ambitions industrielles
Pour amplifier cette dynamique, le Fonds de Développement industriel disposera d’un capital de 100 milliards FCFA. Sa vocation est d’apporter aux entreprises « les fonds propres qui leur font défaut », de partager avec les banques « le risque du crédit d’investissement » et de mettre à la disposition des investisseurs « un bâti industriel immédiatement exploitable sur l’ensemble du territoire national ».
L’objectif général est d’« accélérer la transformation structurelle de l’économie nationale par l’industrialisation » et de favoriser l’émergence d’entreprises industrielles nationales de taille significative et de dimension internationale.
Concrètement, le mécanisme prévoit des financements en fonds propres et quasi-fonds propres de long terme pour soutenir les projets structurants. Il vise également à desserrer les contraintes de crédit qui pèsent sur l’investissement industriel, notamment à travers le partage des risques avec le système bancaire, le crédit-bail d’équipement et le financement des exportations.
Trois guichets pour répondre aux besoins des entreprises
Pour garantir son efficacité, le Fonds sera organisé autour de trois guichets complémentaires, aux missions et instruments distincts.
Le premier, dénommé « Bénin Industrial Invest » (BII), accompagnera durablement les entreprises grâce à des instruments financiers adaptés. Le deuxième, « Facilité de Garantie Industrielle » (FGI), facilitera l’accès au crédit en partageant les risques avec les banques et les sociétés de crédit-bail partenaires.
Quant au troisième, « Usines Prêtes à l’Emploi » (UPE), il portera un programme national d’usines clés en main réparties sur les pôles territoriaux de développement. Cette approche doit permettre de réduire considérablement les délais d’installation des unités industrielles.
Couvrir tout le territoire
Au-delà du financement, le dispositif ambitionne de rapprocher les infrastructures industrielles des bassins de production des matières premières. Le gouvernement entend ainsi étendre l’industrialisation au-delà des zones existantes, favoriser l’intégration des entreprises béninoises aux chaînes de valeur régionales et mondiales et accompagner l’émergence de véritables champions industriels nationaux.
Le Fonds sera doté d’une gouvernance conforme aux « meilleures pratiques internationales en matière de fonds publics d’investissement ». Pour passer à sa mise en œuvre, les ministres chargés de l’Économie et des Finances, de l’Industrie et de la Promotion de l’Investissement privé ont été instruits de prendre les dispositions nécessaires à la formalisation et à l’opérationnalisation de la société porteuse du Fonds. Ses statuts ont également été approuvés par le Conseil des ministres.
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